Depuis 2016, les recherches pluridisciplinaires menées dans le cadre de la mission archéologique franco-palestinienne sur le site du Chêne de Mambré / Haram Ramet al-Khalil sont dirigées par Vincent Michel, sous l’égide du laboratoire HeRMA de l’Université de Poitiers, sous le patronage scientifique de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF) et en partenariat avec le ministère palestinien du Tourisme et des Antiquités (MOTA). Le projet bénéficie du soutien et du financement de la commission des fouilles du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), du consulat général de France à Jérusalem et de l’association Terres d’Orient. Avec la participation de Loïc Mazou, Jean-Sylvain Caillou et Lucie Duvignac.

Présentation

À Hébron (Territoires Palestiniens), le site archéologique et biblique du Chêne de Mambré a été fouillé pour la première fois par l’archéologue allemand A. E. Mader qui dégagea le site entre 1926 et 1928. Puis, entre 1984 et 1986, c’est l’archéologue israélien Y. Magen qui effectua quelques sondages complétant partiellement l’histoire de l’enceinte. Depuis ces derniers travaux, le site de Mambré a été laissé à l’abandon et son histoire semblait définitivement écrite. Les premières fouilles avaient établi cinq périodes d’occupation depuis l’âge du Fer jusqu’aux Mamelouks avec, selon les auteurs, surtout trois principales périodes illustrées par les traces matérielles bien conservées, d’abord l’époque romaine avec la construction d’une enceinte quadrangulaire sacrée (65,10 m x 49,30 m), puis l’époque byzantine sous l’empereur Constantin, avec un complexe ecclésiastique, et enfin l’époque médiévale, dernière occupation aux temps des Croisades. C’est cette histoire chronologique, rapidement brossée, qui domina la compréhension du site sans qu’elle ne soit jamais remise en question. Celle-ci n’a jamais été remise en question, jusqu’en 2016, date de la reprise de l’étude du monument par la mission franco-palestinienne créée par V. Michel dans le cadre du projet « Porte d’Hébron », développé avec le Département des Antiquités d’Hébron.

Soutenue par la commission des fouilles du MEAE, le premier quadriennal (2016-2019) a permis à la mission de repréciser la datation complète de l’occupation de l’enceinte sacrée en décalant de près de trois siècles la chronologie initialement établie (analyse du bâti, sondage & fouille, datation C14) et à la suite d’une prospection à l’est de l’enceinte, un nouveau secteur a offert un incroyable potentiel de découverte en lien avec le lieu saint nécessitant un second quadriennal a été accordé (2020-2023).

Ce chantier porte tant sur la recherche que sur la valorisation d’un site archéologique majeur de Palestine « Le Chêne de Mambré » à Hébron. Le site de Mambré offre un potentiel scientifique et touristique. Il est le seul site important de la région et de la ville pouvant être aménagé en parc archéologique par les Autorités palestiniennes avec notamment le développement d’activités touristiques et pédagogiques.
Il est également un chantier-école ayant pour mission la formation d’étudiants et d’experts palestiniens dans la préservation du patrimoine et d’étudiants français. C’est enfin un projet social et éducatif au service de la population pour se réapproprier leur histoire grâce au patrimoine dans une région en conflit.

 

Principales productions scientifiques

• J.-S. Caillou et V. Michel (coord.), Actualité de l’archéologie française en Palestine #4, Poitiers, 15 octobre 2020.

• V. Michel, Commission des fouilles du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, Mission archéologique française du Chêne de Mambré (Hébron, Territoires Palestiniens) : rapport préliminaire des fouilles : 2016, 2017, 2018, 2019.

• J.-S. Caillou et V. Michel (coord.), Archéologie en Palestine #3, Poitiers, 21 novembre 2019.

• J.-S. Caillou et V. Michel (coord.), Archéologie en Palestine #2, Poitiers, 29 novembre 2018.

• J.-S. Caillou et V. Michel (coord.), Actualité de la recherche archéologique en Palestine #1, Poitiers, 15 février 2017.

 

Rayonnement académique

L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (AIBL) a décidé, sur proposition de la commission des fouilles archéologiques, d’accorder le « Label archéologique » de l’Académie pour les années 2020 et 2021 pour son programme d’étude sur la « Christianisation et occupation territoriale du Sud de la Palestine à l’époque protobyzantine ».