Thèse de doctorat en Histoire ancienne présentée par Simone Ciambelli, sous la direction de Nicolas Tran (HeRMA, Université de Poitiers) et d'Alessandro Cristofori (Università degli studi, Bologne, Italie).

• Date de la soutenance : 24 juin 2020

 

 

Présentation

I collegia e le relazioni clientelari : studio sul patronato delle associazioni professionali nell’ Occidente romano tra I e III sec. d. C.

L’objectif du projet est d’étudier, sous tous ses aspects, le phénomène du patronat exercé sur les associations professionnelles, dans toute la partie occidentale de l’empire romain, du Ier au IIIe siècle ap. J.-C. L’unique étude spécifique sur le patronat des collegia dans l’empire romain correspond à un article de Guido Clemente, paru depuis plus de quarante ans désormais, en 1972. Cette publication a le mérite de constituer un premier véritable travail systématique sur ce phénomène, mais il ne pouvait certainement pas viser un traitement exhaustif d’un problème complexe. Du reste, quelques découvertes épigraphiques remarquables, faites durant les dernières décennies, ont porté sur lui un éclairage nouveau et significatif. Les sources épigraphiques tiendront une place fondamentale, puisqu’elles représentent la seule catégorie documentaire attestant l’existence de patrons des associations professionnelles. Une fois les témoignages rassemblés, on analysera le phénomène dans chaque communauté, en s’en tenant aux seules associations professionnelles, isolées de celles de nature exclusivement religieuse. Ensuite, on procédera à la rédaction d’une fiche synthétique pour chaque patron, avec cette structure : nom, statut social, datation du patronat, association dont il fut le patron. Enfin, une fois analysées toutes les communautés, on tirera des données obtenues des conclusions générales, qui permettront d’individualiser des tendances communes ou des caractéristiques propres à chaque contexte ou aire géographique. On entend recourir aux modèles de l’histoire comparée, qui trouve en M. Bloch un pionnier et un promoteur majeur. Personnellement, je pense cette méthode très porteuse pour l’étude des phénomènes sociaux, mais elle ne doit pas prendre le pas sur le témoignage – central pour le métier d’historien – des sources qui, dans le cas du patronat en général, sont surtout littéraires, juridiques et épigraphiques. Il est absolument nécessaire que les deux dimensions aillent de paire. Cette méthodologie permettrait aussi une approche anthropologique du phénomène, puisque les relations de dépendance entre individus sont inhérentes à toute société humaine non utopique, comme en témoigne par exemple la forme particulière de don/échange appelée Kula en usage parmi les populations des îles Trobriand, décrites par l’anthropologue B. Malinowski. De même, on peut tenter de construire un parallèle entre l’évergétisme – fondamental dans le rapport de patronat et si distant de nos modes de pensée – et la cérémonie du potlach décrite par l’anthropologue F. Boas. Ce sont là des phénomènes sociaux complexes qui peuvent être expliqués, par exemple, à la lumière des théories sur le don de Marcel Mauss. Étant donné l’absence presque totale de recherches portant sur le phénomène du patronat des collegia dans l’Occident romain, un projet développé dans ce sens permettrait de jeter une nouvelle lumière sur un aspect important de l’histoire sociale de Rome et de-là sur l’histoire romaine en général.

 

École doctorale

ED 612 Humanités – Université confédérale Léonard de Vinci