Thèse de doctorat en Histoire ancienne présentée par Nicolas Williams-Gasnier, sous la direction d'Yves Lafond (HeRMA, Université de Poitiers).

• Date de la soutenance : 27 novembre 2020

 

 

Présentation

La création d’un imaginaire familial dans les cités grecques d’époques hellénistique et romaine

Dans un article intitulé « Le roman familial des névrosés » paru en 1909, Sigmund Freud explique comment l’enfant, pour se construire et se détacher de ses parents, élabore tout un imaginaire, en s’inventant notamment une ascendance mythique, dans une histoire où il demeure le héros. Reprenant à son compte le concept de « roman familial », le sociologue Vincent de Gaulejac n’a cessé de montrer, à travers une approche transgénérationnelle, le poids de l’histoire, du passé et de la mémoire familiale dans les trajectoires sociales des individus. Malgré la nécessité de prendre certaines précautions afin d’éviter tout anachronisme dans notre travail, cette étude entend confronter les sociétés du monde antique avec celles de notre monde contemporain. Notre travail s’attache plus particulièrement aux références faites au vocabulaire de la parenté, notamment aux métaphores civiques de la famille contenues dans la documentation épigraphique, qui contribue à la création de ce que l’on a décidé de considérer comme un imaginaire familial. Une étude des généalogies établies par la cité et ses membres sera également menée. On questionnera par exemple le choix de placer tel héros ou tel dieu comme ascendant d’une famille ou comme fondateur d’une cité. En effet, ces références mythiques et légendaires font appel à une mémoire collective. Enfin, cette réappropriation du passé s’opère dans un contexte de domination macédonienne, puis romaine. Ainsi, nous aimerions évaluer si ces références à un imaginaire familial constituent un « mécanisme de défense », qu’il soit conscient ou inconscient, afin de sauvegarder l’identité que les Grecs ont d’eux-mêmes dans un monde qui a profondément changé depuis les conquêtes d’Alexandre le Grand.

 

École doctorale

ED 612 Humanités – Université confédérale Léonard de Vinci

 

Composition du jury

Christel Müller (présidente du jury)

Cédric Brélaz

Kostas Buraselis

Henri Fernoux

Madalina Dana