Mission dans le cadre d'un programme collectif, dirigée par Loïc Mazou, avec la participation de Philippe Mainterot, avec l’appui de l’université de Nanterre/ArScAn UMR 7041.

Présentation

Le projet sur Bouto et son territoire, conduit initialement par P. Ballet, a été repris par L. Mazou. Ce nouveau programme a pour orientation Vivre, produire et mourir à Bouto à l’époque romaine impériale : les habitats, les ateliers et la nécropole.

Bouto, d’Octavien à Dioclétien

Selon une approche synchronique, le programme archéologique sera centré sur l’occupation de Bouto à l’époque impériale (habitat, nécropole, activités de production) et ses relations interrégionales et méditerranéennes, l’approche diachronique sur le paléoenvironnement étant menée en collaboration avec le DAIK (géomorphologie, sédimentologie, géophysique).

La pertinence du programme : elle s’impose suivant trois réalités.

– L’insertion de l’Égypte dans les réseaux d’approvisionnement et de commercialisation de l’Empire, et il importe d’en explorer les conséquences dans le tissu urbain et rural du nord du pays, ce qui, archéologiquement parlant, n’a jamais été démontré.

– L’existence d’un certain nombre de sources textuelles et cartographiques.

– Deux points d’ancrage archéologique majeurs pour la période impériale, au temps où l’Égypte participe en premier plan à la stabilité de l’Empire romain, le thesauros (fouilles 2016-2019) ; les ateliers de sigillée locale, pierres d’angle des problématiques du nouveau programme.

Il s’agira donc, dans ce nouveau programme, de confronter in fine les réalités archéologiques de Bouto, qui permettent d’évaluer la trame urbaine et la nature des implantations et des modes de vie sur le site, la problématique de la romanisation – quelles en sont les formes ? – en ce moment clé où les équilibres politiques consacrent désormais la prééminence du pouvoir romain.

Centré sur l’époque impériale, le programme archéologique a pour objectif d’explorer l’occupation de Bouto à l’époque impériale, suivant trois composantes majeures de la vie urbaine (habitat, activités de production, nécropole), appréhendées à la lumière de ses relations interrégionales et méditerranéennes, une approche diachronique sur le paléoenvironnement, envisagée sur le temps long, étant menée en collaboration avec le DAIK (géomorphologie, sédimentologie, géophysique).

Le projet consiste en l’étude des habitas et modes de vie à l’époque romaine impériale du Kom A. L’ensemble de la zone à explorer au sommet du kôm A, couvrant une surface assez importante (près de 2000 m2), dotée de plusieurs niveaux d’époque romaine, et qui regroupe des installations associées à des habitats, permettra de disposer d’une vision globale des grandes caractéristiques de ces espaces résidentiels et des axes de circulations qui s’y rapportent à l’échelle d’un quartier à l’époque romaine impériale, par sondages extensifs et stratigraphiques.

Les travaux qui seront engagés autoriseront une vision globale des vestiges à l’échelle d’un quartier entier au sommet du kôm A et donc une collecte de données primordiales dans la connaissance des modes de vie à l’époque romaine impériale dans le Delta.

Les productions artisanales à l’époque romaine impériale sur le Kôm A

L’objectif final est de proposer une trame complète, à l’échelle du site, de toutes les implantations de fours de « sigillées » égyptiennes et de « paroi fine » à l’époque impériale. Cette trame spatialisée, qui semble s’imposer dans toute la partie centrale et septentrionale du site, sera cartographiée et mise en perspective avec l’ensemble des vestiges archéologiques d’époque impériale. Il s’agira d’effectuer une fouille extensive d’une zone au centre-nord du kôm A, aisément repérable par la couleur rougie de la surface, correspondant aux monticules que forment les fours et à leurs abords, fours qui ont réinvesti un quartier d’habitation ptolémaïque, si l’on en juge par une fouille préfigurative en 2013, un point qu’il conviendra d’ailleurs de confirmer.

Le champ d’études sur les productions artisanales, qui constitue l’une des spécificités de la mission française de Bouto, se déclinera en deux volets : le façonnage céramique, s’inscrivant dans une dimension traditionnelle de l’équipe, qui s’est néanmoins intéressée avant tout aux techniques de cuisson ; la poursuite de l’étude sur les techniques métallurgiques, notamment la fonte à la cire perdue, engagées lors du précédent programme.

Bouto et son territoire

Programme de recherches mené avec la participation de Nadine Dieudonné-Glad, Séverine Lemaître, Philippe Mainterot et Loïc Mazou.
Le principal objectif des travaux menés à Bouto par la mission de l’Université de Poitiers concerne, au moyen d’une approche extensive, l’évolution du territoire urbain entre la Basse Époque et le début de l’époque islamique, du VIe s. av. J.-C. à la fin du Ier millénaire apr. J.-C. Il s’agit d’appréhender les mutations du site, ses phases de développement et ses rétractions, de déterminer ses limites par secteur et par période, de définir ses fonctions (habitat, production, culte et sociabilité), enfin, de cerner la longévité de l’agglomération et sa place dans le dispositif urbain du delta nord-ouest. Pour répondre à ces objectifs, la mission a recours sur le terrain à des prospections pédestres, des prospections magnétiques – non effectuées cette année –  et des sondages extensifs, ainsi qu’à des recherches documentaires, notamment à partir des sources textuelles. Les résultats de ces travaux ont été diffusés dans des actes de colloques, des communications orales et des rapports.

Ce projet trouve son prolongement en Thébaïde, où les recherches sont engagées sous forme de prospections sur le territoire urbain d’Antinoopolis, cité fondée par Hadrien au cœur du terroir égyptien (collaboration de Pascale Ballet /HeRMA à la mission italienne G. Vitelli, Florence, direction R. Pintaudi),  se poursuivent par le biais de sondages à l’emplacement présumé de fours de potiers, et permettent de valider les observations effectuées à partir de l’analyse de surface. Antinoopolis apparaît comme l’une des métropoles les plus dynamiques dans le domaine économique et commercial durant l’Antiquité tardive. Les premiers résultats ont été publiées  en 2014.