Le 2e prix Clio pour la recherche archéologique française à l'étranger a été attribué en 2009 à Pascale Ballet pour les recherches effectuées à Bouto (Tell el Fara’in), portant sur la période allant d’Alexandre le Grand aux premiers temps de l’Islam.

Présentation des recherches

C’est à la tête d’une équipe issue de l’Université de Poitiers que Pascale Ballet fouille depuis plusieurs années le site de Bouto – dans le nord-ouest du delta du Nil, à une dizaine de kilomètres de la branche de Rosette – pour y étudier la production céramique durant les périodes hellénistique et romaine.

Engagés dans le cadre d’une coopération avec l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire et avec l’Institut archéologique allemand, ces travaux ont permis d’établir les relations existant entre les zones d’habitation et les zones artisanales. Le plan de tout un secteur de la ville ptolémaïque a pu être reconstitué et l’installation d’un atelier contemporain de l’époque impériale, recourant à des techniques de cuisson très sophistiquées, a été identifiée.

La topographie du site est caractérisée par la proximité de trois éminences, le Kôm A au nord, le Kôm C au sud et le Kôm B à l’est ( ce dernier correspondant au temple supposé de la déesse Ouadjet, enclos par un puissant mur de briques crues). Avant de connaître – avec la Basse Epoque et la période ptolémaïque et romaine – l’intense activité que reconstitue l’équipe de Pascale Ballet, Bouto a été un site majeur de la période prédynastique, qui a livré les vestiges d’un complexe palatial étudié par les archéologues allemands.

Après avoir été abandonné, le secteur d’habitation P5, contemporain de l’époque ptolémaïque, a été utilisé aux Ier et IIe siècles pour l’installation de fours destinés à la cuisson de poteries. Le site de Bouto abrite aussi un complexe balnéaire fouillé dans les années soixante du siècle dernier par les archéologues de l’Egypt Exploration Society, mais de manière trop sommaire. Il n’en avait pas moins été possible d’identifier une rotonde (tholos) caractéristique des bains grecs, avant que l’ensemble ne soit transformé, au IIe siècle après J-C, à partir du modèle des thermes romains. Les fouilles effectuées en 2009 ont permis préciser l’évolution de cet équipement balnéaire et de la confronter à d’autres exemples connus en Égypte et, plus largement, en Orient.

Enfin, les zones proches du Kôm C ont fourni de précieuses informations concernant la production céramique locale et les produits d’importation lors de la phase qui a vu la transition entre l’époque dynastique et la conquête gréco-macédonienne.