L’équipe HeRMA est fière d’annoncer que la mission du chêne de Mambré, dirigée par Vincent Michel a reçu le label de l’Académie des Inscriptions et Belles pour les années 2020 et 2021.

L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres joue un rôle d’incitation à la recherche par l’attribution de nombreux prix, conçus par leurs fondateurs non seulement comme une récompense, mais aussi comme une aide destinée à encourager la recherche.
Le comité secret de l’AIBL du 28 février 2020 a ainsi choisi de reconnaitre la valeur et l’intérêt des travaux engagé par l’équipe franco-palestinienne à Hébron.

Programme « Christianisation et occupation territoriale du sud de la Palestine à l’époque protobyzantine »

Site du Chêne de Mambré / Haram Ramet al-Khalil

Depuis 2016, les recherches pluridisciplinaires menées dans le cadre de la mission archéologique franco-palestinienne sur le site du Chêne de Mambré / Haram Ramet al-Khalil sont dirigées par M. Vincent Michel, sous l’égide du laboratoire HeRMA de l’Université de Poitiers, sous le patronage scientifique de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF) et en partenariat avec le ministère palestinien du Tourisme et des Antiquités (MOTA). Le projet bénéficie du soutien et du financement de la commission des fouilles du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), du consulat général de France à Jérusalem et de l’association Terres d’Orient.

Le site du Chêne de Mambré est l’un des principaux sites d’Hébron et du Sud de la Palestine.
Selon la tradition biblique, c’est à Mambré qu’Abraham établit son campement près d’un chêne et qu’il y reçut la visite de trois mystérieux visiteurs, envoyés par Dieu. Ainsi, une enceinte sacrée marqua traditionnellement l’emplacement du campement, un temple y fut édifié et dans l’angle sud-ouest fut creusé un large puits, que la tradition retint comme le « puits d’Abraham ». Selon les premiers textes antiques, ce site de pèlerinage fut transformé sous l’empereur Hadrien en un vaste marché où se vendaient esclaves et chevaux. La tradition hagiographique chrétienne, à partir du IVe siècle, rapporte que le temple païen fut remplacé par une basilique qu’on considère comme l’une des quatre églises dites « constantiniennes » mentionnées par Eusèbe de Césarée. Le site est évoqué dans d’autres sources majeures (Pèlerin de Bordeaux, Saint Jérôme, Égérie…) et apparaît sur la mosaïque de l’église Saint Georges à Madaba (Jordanie) datée du VIe siècle. Mambré est donc une référence culturelle et religieuse de premier ordre en Palestine.

Le site de Mambré représente un potentiel tant scientifique que touristique (notamment pour les pèlerins) et patrimonial, un outil pour le développement socio-économique de la région et de la sensibilisation de la population à leur histoire. Les recherches archéologiques menées ces dernières années ont largement confirmé la richesse du site tout en démontrant la nécessité de recherches pluridisciplinaires. Les prochaines campagnes du quadriennal 2020-2023 se focaliseront sur les fouilles archéologiques dans la parcelle orientale et sur la publication des études du complexe de l’enceinte.

Photographies : Vue générale du site du Chêne de Mambré | Orthophotographie de la zone extérieure est (campagne 2019) | Formation au relevé dessin. Photographies : Sandrine Bert Geith, Vincent Pasquet (Inrap)