Le commerce des amphores dans le monde romain

Narbonne

La participation de S. Lemaître au Programme Collectif de Recherche Les ports antiques de Narbonne dirigé par C. Sanchez (CNRS, UMR 5140 Montpellier) consiste, pour une durée de quatre ans, en l’enregistrement systématique des milliers d’amphores mises au jour sur le site de Port-la-Nautique aujourd’hui conservées au dépôt archéologique municipal de la ville de Narbonne et accessibles pour la première fois depuis de nombreuses années. Une première mission réalisée en juillet 2009 a permis la mise en place d’un protocole d’étude visant à définir le faciès des importations méditerranéennes arrivant dans le port de Narbonne durant le Haut-Empire. Des conteneurs jusqu’alors inconnu in situ, en particulier des amphores levantines ont été identifiés. L’inventaire du corpus est aujourd’hui terminé. La démarche s’est accompagnée durant 4 ans de l’acquisition d’une documentation graphique systématique (dessins et photographies) constituant une base documentaire de premier ordre pour l’étude du fonctionnement et du rayonnement du port de Narbonne pendant un siècle et demi. Cette étude ambitieuse doit trouver le chemin de la publication sous la forme d’un volume intitulé Les amphores de Port-la-Nautique (Fouilles Bouscaras 1990-1993), (S. Lemaître, C. Sanchez et J.-M. Falguera), accueilli dans la collection Monographie d’Archéologie Méditerranéenne (MAM).

 

Reims

Plus au nord, dans la ville de Reims antique, la zone portuaire fluviale antique a été fouillée en 2009 par l’INRAP sous la direction de Ph. Rollet. Celle-ci a livré un mobilier amphorique abondant dont l’étude en cours devrait fournir des éléments de comparaison avec les exemplaires recueillies par S. Lemaître à l’occasion de sa participation au PCR Les céramiques de la ville de Reims, de César à Clovis dirigé par X. Deru (Halma, Lille 3). Une partie des résultats de l’étude des mobiliers amphoriques de la fouille du Boulevard Henrot à Reims doit faire l’objet d’un article dans les actes du colloque de Poitiers organisé en octobre 2014 : P. Rolley, P. Mathelart, S. Lemaître, E. Jouhet, G. Fronteau, A. Bandelli, F. Medard, Nouvelle interprétation fonctionnelle des fosses de la fouille du Boulevard Henrot à Reims: l’apport des mobiliers.

Lemaître S., « Les amphores (AM) », in X. Deru (dir.), Durocortorum, la céramique de César à Clovis, Société archéologique champenoise, 2015, p. 119-132, (sous presse)

 

Sinop et la mer Noire (Turquie)

En mer Noire les travaux amorcés par D. Kassab-Tezgör et S. Lemaître dans les collections des musées turcs de Sinop, Samsun, Giresun, Trabzon (Programme dirigé par D. Kassab, Université de Bilkent, Ankara, Turquie) devraient faire l’objet de publications mettant l’accent sur les relations entre la côte sud de la mer Noire et l’espace méditerranéen grâce à l’identification des centaines d’amphores qui composent les collections de ces musées.

 

Égypte           

En Égypte, à Bouto, les importations d’amphores constituent également un autre volet susceptible de traduire le maillage économique qui se développe autour du site du début de la période hellénistique à l’époque byzantine. Les importations traduisent d’un côté un approvisionnement régional, constitué en partie des conteneurs vinaires de la Maréotide, et de régions extérieures à l’Égypte, de l’autre l’arrivée de produits en provenance de la Méditerranée orientale à la période hellénistique, d’origines plus diversifiées à l’époque impériale et byzantine (Turquie, Chypre, Occident romain dont la Tripolitaine).

 

Amphores et pratiques alimentaires

Sur les sites de consommation, les amphores sont elles aussi des vecteurs privilégiés de notre connaissance de l’économie antique, par la détermination de leurs origines et des produits qu’elles transportaient. Elles permettent de retracer les routes des échanges et le rayonnement de certaines régions. Enfin, l’étude de leur contenu associé à la définition du reste des mobiliers (répertoire céramique, intsrumentum) permet d’approcher les pratiques alimentaires des anciens et surtout, sur une échelle chronologique étendue, de saisir l’évolution des comportements alimentaires. Ces réflexions, menées depuis plusieurs années sur des corpus différents en Orient (Beyrouth et Lycie antique) et en Occident (Gaule romaine, Lyon, Narbonne, Poitiers, Reims, Troyes (publication en préparation), ont été étendues à de nouvelles aires géographiques : Égypte septentrionale, Espagne (Baelo Claudia).

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