La métallurgie du fer en Gaule du Centre-Ouest

Les investigations portent sur la Gaule du Centre-Ouest territoire longtemps resté à l’écart des grands programmes de recherche sur la sidérurgie ancienne. Des territoires historiquement cohérents ont été sélectionnés : la civitas des Pictons (thèse de G. Saint-Didier) et celle des Santons (travaux de G. Rassat). L’inventaire des zones d’activité métallurgiques chez ces deux peuples, déjà bien avancée pour les Pictons, sera approfondie. Mais surtout, la caractérisation des ateliers par la fouille de leurs installations, à peine esquissée, mais dont les premiers résultats sont particulièrement originaux se poursuit. Chez les Santons, l’accent a été mis sur la zone d’activité métallurgique localisée dans la forêt de Braconne et à ses abords, en collaboration avec le laboratoire Géolab de l’université de Limoges. L’objectif est une analyse historique et écologique de l’intégration de cette activité dans le territoire considéré. Bien que géographiquement un peu éloignée, la civitas des Diablintes sur laquelle portent les travaux de F. Sarreste est un élément de comparaison particulièrement intéressant. Le programme développé dans cette civitas, porte sur l’existence de véritables districts métallurgiques, la relation entre exploitation métallurgique et habitats et la question du statut des exploitations métallurgiques, avec la fouille d’habitats proches de certains ateliers et contemporains de ceux-ci.

L’aspect technique de la production métallurgique est abordé en parallèle à ces travaux de terrain par la caractérisation des matières premières, ainsi que celle des déchets et des produits finis, à la fois par des analyses physico-chimiques et par des observations micrographiques. Un important corpus d’analyses est en cours de constitution et permet d’ores et déjà d’obtenir des éléments discriminant pou plusieurs zones de production à travers la « signature chimique » des déchets produits. La thèse d’Emilie Caillaud sur l’Aquitaine antique, en co-direction avec D. Béziat à l’Université Toulouse II et le laboratoire Traces poursuit cette approche par la caractérisation chimique des inclusions de scories présentes dans les chutes métalliques découvertes dans les ateliers de forge. L’objectif de cette étude est, entre autres, de mieux comprendre la circulation du métal : approvisionnement varié des ateliers de forge urbains ? Provenance unique de la matière première ? De quelle zone de production ? Cette approche est tributaire de la bonne connaissance des zones de production, ainsi que de la nature des minerais employés qui peuvent être chimiquement très différents d’une zone de production à l’autre, ou très semblables, rendant impossible l’attribution d’une provenance.

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