Nadine DIEUDONNE-GLAD

Directrice de l’équipe HeRMA

Professeur d’archéologie antique à l’Université de Poitiers

 

Thématiques de recherche et responsabilités scientifiques

  • Artisanat du fer, de la protohistoire au moyen-âge, dans un domaine géographique centré sur la Gaule, mais qui, pour l’époque romaine, inclut aussi le Moyen-Orient.
    • Direction de la fouille d’un atelier antique de production de fer à Oulches (Indre) et de plusieurs ateliers de forge dans le cadre de fouilles programmées dans l’agglomération antique de Rauranum. Etude archéométallurgique des déchets et des structures de ces deux sites. Etude des vestiges de deux forges de la cité des Viducasses. L’une installée dans la villa de Touffréville, l’autre dans un bâtiment de la capitale de la civitas, Vieux (Calvados) en collaboration avec le Service Départemental d’Archéologie du Calvados. Intervention sur le site d’un prieuré médiéval à Lavinadière (Corrèze) en collaboration avec Patrice Conte (Service Régional d’Archéologie du Limousin), avec l’étude de deux forges successives dont l’état de conservation était particulièrement bon (étude encore en cours).
    • Paléométallurgie des produits finis en fer et étude de leur mode de fabrication. Les techniques d’études utilisées dans cette approche sont essentiellement la métallographie et les micro-analyses à l’aide d’un Microscope Electronique à Balayage équipé d’une micro-sonde. Entre 2005 et 2008, coordination du programme « la traçabilité des métaux ferreux et leur commerce en Gaule occidentale » dans le cadre de l’ACI « Histoire et archéologie des métaux » soutenue financièrement par le réseau des MSHS (universités de Toulouse, Poitiers, Lille, Lyon II, Dijon).
    • A partir de 2002, élargissement du champ géographique des études à la Méditerranée orientale où ce thème est encore peu développé. Participation à la publication des résultats des fouilles du site de Zeugma (Turquie) conduites par la mission franco-turque de C. Abadie-Reynal (université Lyon 2). De 2008 à 2012, l’équipe HERMA a été partenaire de l’ANR « Echanges culturels et communication dans la Syrie du nord romaine » coordonnée par C. Abadie-Reynal. Elaboration d’un programme d’étude des savoir-faire et de leur diffusion dans le domaine de l’artisanat du fer, s’appuyant sur les données du site de Zeugma, où des déchets métallurgiques avaient été identifiés lors de la phase générale d’étude du matériel métallique. Ce programme, à visée comparatiste, a été étendu en Syrie au site d’Apamée sur l’Oronte (mission Belge dirigée par D. Viviers) où des indices prometteurs d’activité métallurgique ont été repérés lors d’une première mission en 2010 et à celui de Zenobia (mission de S. Blétry, université de Montpellier), où les indices étaient moins abondants. Les missions sur le terrain en Syrie ont été suspendues dès 2011, interdisant un approfondissement de l’étude.
    • Enfin, je conduis depuis 2013 la fouille programmée d’une zone de production métallurgique à Meunet-Planches (Indre), dont les trois ateliers fouillés sont daté entre le VIe et le Ve s. av. J.-C. par radiocarbone. L’activité comprend la réduction du minerai de fer mais aussi la forge d’objets, barres ou produits finis. La technologie des fours permet leur utilisation à plusieurs reprises contrairement aux fours habituellement datés de cette période, qui sont à usage unique. Ils témoignent donc d’une modification des savoir–faire et d’une augmentation de la productivité des ateliers qui deviennent pérennes et sont couverts par une superstructure. Les prospections géophysiques menées en parallèle à la fouille montrent la présence de plus de 10 ateliers équipés pour certains de plusieurs fours sur une surface de 5 ha. Ces ateliers forment la zone de production la plus ancienne connue à ce jour en Gaule et utilisant cette technologie. Ils s’inscrivent dans la problématique de la période charnière de l’émergence de l’utilisation systématique du fer, dans un contexte culturel où on voit apparaître des habitats groupés de type proto-urbain où l’activité de forge est présente, et où l’existence d’une aristocratie est perceptible. Ce programme, qui sera poursuivi dans les années à venir apporte donc une vision totalement renouvelée de la production du fer à la transition entre le premier et le second âge du fer en Gaule.
  • Organisation des territoires et du peuplement en Gaule à l’époque romaine à travers l’étude d’agglomérations secondaires.
    • Programme de recherche sur les agglomérations secondaires antiques s’appuyant essentiellement sur l’exploration de deux sites de la civitas des Pictons, Rauranum (Rom, Deux-Sèvres) et Vendeuvre-du-Poitou (Vienne). Il s’organise suivant deux échelles : ces agglomérations sont étudiées de manière extensive pour déterminer leurs limites et leurs caractéristiques urbanistiques. Il s’agit de croiser les données fournies par les sources anciennes, la photographie aérienne, les prospections pédestres afin d’identifier les éléments (rues, monuments, îlots d’habitat), constituant les agglomérations étudiées et de commencer à caractériser les modalités de leur occupation. Dans le cas de Vendeuvre-du-Poitou, la richesse du potentiel archéologique révélé par des photographies aériennes a conduit à mettre en œuvre entre 2009 et 2013 une prospection électrique sur la quasi-totalité de la surface de l’agglomération, soit 44 ha. Cette opération a permis des avancées dans la compréhension de son urbanisme, renouvelant également la connaissance du plan des principaux monuments publics repérés (ensemble cultuel, théâtre). Ce programme de recherche a utilisé des techniques de cartographie puissantes, avec la constitution d’un Système d’Information Géographique compilant l’ensemble des photographies aériennes géoréférençables du site, le plan des fouilles anciennes, lorsque leur emplacement était connu avec suffisamment de précision, et les données du parcellaire, de la topographie, de la géologie. Ce site fait actuellement l’objet d’une thèse dans le cadre de laquelle des fouilles programmées ont été entreprises sur un îlot d’habitat afin d’accéder, entre autres, à la dimension chronologique de l’occupation du site.
    • La deuxième échelle d’intervention sur ces agglomérations est la fouille : entre 1994 et 1998 puis entre 2002 et 2005 fouille programmée de deux îlots de l’agglomération de Rauranum, de part et d’autre d’une des rues principales du site antique. Ces deux chantiers ont permis de mettre en évidence la persistance, pendant tout le Ve s., de l’occupation de bâtiments construits au cours des siècles précédents.  Une certaine élaboration du bâti a été observée : bâtiment maçonnés avec présence simultanée de galerie et de trottoir le long de la rue, alors que la parure monumentale est quasiment absente de cette agglomération à caractère « routier ». Les bâtiments maçonnés côtoient, par ailleurs, à certaines périodes, un bâti en bois et terre. Une écurie abritant un atelier de forge et un atelier de bronzier est attestée à partir du IIIe s. au moins et perdure au Ve s., montrant une certaine vitalité de l’activité. Le remplissage de certaines fosses permet également de localiser dans ce quartier, à la fin du IIe s., l’atelier d’un boucher. Un prolongement de l’occupation est attesté au VIe s. après la ruine des bâtiments maçonnés.
    • Par ailleurs, compte tenu de la bonne conservation de certains vestiges architecturaux de Rauranum (murs de plusieurs bâtiments écroulés d’un seul bloc, en particulier), un programme, que je coordonne en collaboration avec les chercheurs en informatique du laboratoire Signal Image Communication (XLIM/SIC), a vu le jour au sein de l’équipe HERMA. Il s’agit d’une réflexion menée sur l’apport des restitutions virtuelles à la compréhension du bâti. A l’opposé de la scénarisation en trois dimensions, maintenant très répandue, il s’agit de développer un logiciel original permettant de tester facilement de nombreuses hypothèses de restitution pour en retenir éventuellement plusieurs qui apparaissent plausibles. Ce programme de recherche a d’abord eu pour cadre une ACI financée par l’université de Poitiers (2005-2007), puis une Action du CPER 2007-2013. Y participent trois autres membres de l’équipe HERMA, ce qui permet de travailler sur des exemples et des problématiques de restitutions variées. Cette recherche sur la conception d’un logiciel spécifique à la restitution 3D en archéologie a été inscrit dans les axes de recherche de la MSHS de Poitiers et dans le CPER 2015-2020.

 

Formation

Doctorat

       :

« La métallurgie du fer chez les Bituriges à l’époque romaine » soutenue le 8 février 1991 à l’Université de Paris I, sous la direction de J.M. Dentzer, mention Très Honorable.

 

Habilitation à diriger les recherches :

« Fer et acier en Gaule, réflexion sur la chaîne opératoire (IIe s. av. J.-C. — Xe s. ap. J.-C.) » soutenue le 17 novembre 2004 à l’université de Poitiers.

Jury : P. Benoit (Université Paris I), C. Domergue (université de Toulouse-Le Mirail), F. Dumasy (Université de Paris I),           P. Fluzin (IRAMAT), P. Ballet (Université de Poitiers), J. Hiernard (Université de Poitiers)

 

Maîtrise de Chimie, filière « chimie minérale – matériaux », obtenue en juin 1989 à l’Université de Paris-Sud-Orsay.

 

Publications

La liste des publications de N. Dieudonné-Glad est consultable par fichier-joint.

 

Contact

nadine.dieudonne.glad@univ-poitiers.fr
00 33 (0)5 49 45 45 77

Recherche

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