Pauline MAOUCHI

Maouchi

 

Position académique

Doctorante contractuelle (2014-2017)

 

Thématiques de recherche

  • Enfance
  • Idéologie impériale
  • Épigraphie romaine

 

Sujet de thèse

L’enfant et le pouvoir à Rome : représentations de l’enfance dans la politique des empereurs romains.
Direction : Nicolas Tran (Université de Poitiers)

Résumé du projet de thèse

« Le roi Servius Tullius, instituant en vue du cens les cinq classes fameuses de citoyens romains, distingués en jeunes et vieux, estima qu’étaient enfants tous ceux qui avaient moins de 17 ans révolus. Il pensait qu’à partir de cet âge on était capable de servir l’État ». Cet extrait des Nuits attiques d’Aulu-Gelle nous fournit une information précieuse : très tôt dans la Rome ancienne (Servius Tullius ayant régné au VIe siècle avant J.-C.) l’enfance fut définie selon des critères juridiques et l’accession à la majorité fixée à un âge précis. Au fil des siècles, bien que dans les textes de loi comme dans les mentalités, les conceptions sur les âges de la vie évoluent, une idée reste constante : l’individu mâle de moins de 17 ans (puer) est à distinguer des autres groupes parce qu’il ne peut, en son état, participer à la vie politique et militaire de la cité. La petite fille romaine (puella), du fait de son sexe, en est quand à elle éloignée d’office. Le monde de l’enfance, caractérisé par le jeu, l’apprentissage et l’innocence, est donc nettement séparé du monde politique, qui exige sérieux, gravité et maturité. Sur ce point, pourtant, les textes juridiques semblent être assez éloignés des pratiques et usages de la société romaine, dans laquelle les enfants entretenaient en réalité des rapports étroits avec le pouvoir.
Sous l’Empire, plus encore qu’aux périodes précédentes, du fait de la nature même du nouveau régime fondé par Auguste basé sur un mode de transmission héréditaire du pouvoir, les descendants (adoptifs ou naturels) des empereurs régnants deviennent un élément fondamental de l’idéologie impériale. Vecteurs de continuité et de stabilité, ils incarnent un espoir de fondation dynastique et de renouveau et sont, de ce fait, extrêmement mis en valeur. Outre les successeurs désignés du trône, l’enfant, et c’est en cela qu’il entretient un lien étroit avec le pouvoir, est l’une des thématiques privilégiées de la communication impériale. Pour les Romains, l’enfance est dotée d’une pureté intrinsèque qui lui confère une part de sacré et représente par nature des valeurs positives, telles que la joie, la pureté, l’innocence, l’espérance en l’avenir ou l’idée d’un retour à un âge d’or. Le discours politique impérial s’appuie sur diverses figures de pueri : les enfants issus des mythes sur lesquels Rome fonde son identité culturelle (Romulus et Rémus, Ascagne…), les divinités de Rome et de son Empire qui peuvent prendre la forme d’enfants, ainsi que la multitude d’enfants anonymes dont est composée la société. Ils sont mis en scène de manières variées, au moyen de nombreux supports iconographiques et textuels.
Les procédés d’exploitation de la thématique de l’enfance dans le discours politique impérial et la manière dont celui-ci était conçu, organisé et diffusé seront étudiés au moyen d’une démarche pluridisciplinaire s’appuyant sur l’analyse de la documentation disponible, qu’elle soit littéraire, épigraphique, numismatique, statuaire ou archéologique. La confrontation de ces nombreuses sources officielles pourrait permettre de discerner assez clairement les fondements de la stratégie de communication impériale et son évolution au cours de la période. La communication, cependant, se veut être un lien entre gouvernants et gouvernés et est un moyen pour l’empereur d’entrer en contact avec ses sujets ; étudier les procédés de diffusion de l’idéologie impériale sans considérer la question de sa réception par la population serait donc n’aborder que partiellement le phénomène et il est nécessaire de s’interroger sur le degré de compréhension et d’acceptation du discours de l’empereur par les Romains. Le deuxième axe de recherche de ce projet s’appuie sur ces problématiques liées au sondage de l’opinion publique. Cette notion, en raison de la subjectivité qu’elle implique est très complexe à appréhender et ne pourra donc être abordée que partiellement mais quelques sources fournissent des témoignages précieux : les auteurs anciens qui expriment parfois leur opinion ou relatent ce qu’ils estiment être une pensée collective et surtout les diverses inscriptions dont étaient couvertes les cités de l’Empire.

 

Formation

  • 2013 Master 2 Civilisation Histoire Patrimoine et Sources, spécialité civilisation antique (Université de Poitiers).

« Les Césars enfants au IIIe siècle, de l’avènement de Septime Sévère à la mort de Constantin (193-337 ap. J.-C.) ».
Directeur de recherche : Nicolas Tran.

  • 2012 Master 1 Civilisation Histoire Patrimoine et Sources (Université de Poitiers).

« L’iconographie des Césars enfants au IIIe siècle, de l’avènement de Septime Sévère à la mort de Constantin (193-337 ap. J.-C.) ».
Directeur : Jean Hiernard.

  • 2009-2011 Licence d’histoire, Université d’Orléans.
  • 2008-2009 CPGE filière littéraire AL (hypokhâgne), lycée Pothier, Orléans.

 

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Contact

pauline.maouchi@univ-poitiers.fr

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