Guillaume SAINT-DIDIER

 

Thématiques de recherche

  • Métallurgie du fer

Les thématiques traitées portent sur la mise en évidence et la caractérisation de zones de production, l’étude des déchets produits et des méthodes de production en s’intéressant à toutes les étapes de la chaîne opératoire. Les recherches se basent sur les travaux de terrain (prospections pédestres, fouilles archéologiques) et intègrent les données archéométriques (analyses chimiques élémentaires et observations métallographiques).

  •  Occupation du sol dans l’Antiquité, à partir de données de prospections pédestres

Formation

  • Doctorat en archéologie, Université de Poitiers, sous la direction de N. Dieudonné-Glad, soutenu en 2013, mention très honorable avec les félicitations du jury.

 

Travaux universitaires

    • SAINT-DIDIER Guillaume (2006) – L’artisanat des métaux à Javols – Anderitum (Lozère) à l’époque romaine : structures et déchets de production, 2 vol. (1 : Texte et figures, 2 : Annexes), Mémoire de Master 1 d’Archéologie (dir. S. Fichtl, A. Ferdière), Tours, Université François-Rabelais, 41 + 128 p., 31 + 81 fig. (Ms. inédit).
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2007) – Le travail des métaux à Javols – Anderitum (Lozère) à l’époque romaine : structures et déchets de production, 2 vol. (1 : Texte et figures, 2 : Annexes), Mémoire de Master 2 d’Archéologie (dir. S. Fichtl, A. Ferdière), Tours, Université François-Rabelais, 126 + 340 p.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2013) – La métallurgie du fer dans le Poitou de La Tène finale au Moyen Age central, 2 vol. (1 : Texte et figures, 2 : Annexes), Thèse de Doctorat (dir. N. Dieudonné-Glad), Poitiers, Université de Sciences Humaines et Arts, 790 p., 351 fig., 8 annexes.

 

Principales publications

    • SAINT-DIDIER Guillaume (2016 à paraître) – La métallurgie du fer dans le Poitou : extraction, réduction, forgeage (IIIe siècle av. J.-C. – XVe siècle), Rennes, PUR, Coll. Archéologie et Culture.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2015 sous presse) – Produire le fer en Gâtine dans l’Antiquité et au Moyen Age : sites archéologiques, structures et déchets de production, Catalogue de l’exposition présentée au musée de Parthenay d’octobre à décembre 2015, Parthenay, Ville de Parthenay.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2014) – La métallurgie du fer dans les Deux-Sèvres autour de l’an Mil, in : Actes des Rencontres Historiques de Parthenay « Les Deux-Sèvres autour de l’an Mil » (13-14 octobre 2012), Niort, Fédération des Sociétés Historiques des Deux-Sèvres, p. 81-102, 17 fig.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2013) – La métallurgie du fer dans le nord de la Gâtine : le site de réduction de « La Chagnasse » à Viennay (Deux-Sèvres), Bulletin de l’Association des Archéologues de Poitou-Charentes, 42, Poitiers, p. 17-23, 6 fig.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2011) – La sidérurgie ancienne dans la Vienne au regard des prospections récentes, Bulletin de l’Association des Archéologues de Poitou-Charentes, 40, Poitiers, p. 63-72, 6 fig.
    • RABEISEN Élisabeth, SAINT-DIDIER Guillaume (2010), en coll. avec GRATUZE Bernard – L’artisanat des alliages cuivreux à l’époque gallo-romaine : témoignages d’une production métallurgique à Javols – Anderitum (Lozère), Revue Archéologique de Narbonnaise, 43, Montpellier, p. 339-368, 18 fig., 7 tabl.
    • SAINT-DIDIER Guillaume (2009) – La carte archéologique de Combrand (Deux-Sèvres), Bulletin de liaison des Sociétés Historiques des Deux-Sèvres, Niort, Fédération des Sociétés Historiques des Deux-Sèvres, Actes du XLe Congrès (Combrand, dimanche 5 octobre 2008), p. 47-56, 10 fig.

 

Résumé de la thèse

L’objectif était d’étudier la métallurgie du fer selon le mode direct de réduction (avant l’utilisation du haut-fourneau) dans une région jusqu’ici non étudiée. Le Poitou avait, en effet, fait l’objet de campagnes de prospections aériennes dans les années 1980-1990 qui avaient mis en évidence l’existence de plus de 600 sites de réduction (ferriers) dans la moitié méridionale du département de la Vienne. Ces sites n’étaient que localisés et n’avaient jamais été étudiés de manière approfondie. Pour le reste du territoire, aucune étude relative à la métallurgie du fer n’avait jamais été engagée et les sites recensés étaient rares, mal définis et très approximativement localisés car il s’agissait de mentions anciennes. Pour atteindre notre objectif, nous avons d’emblée choisi trois axes d’étude ; les questionnements étaient techniques, économiques et sociaux. Cette triple approche permettait d’avoir une vision résolument interdisciplinaire. Elle nécessitait, en effet, de mettre en œuvre des méthodes diverses : opérations de terrain (prospections pédestres et fouilles archéologiques) préparées par un travail de recherche bibliographique, toponymique (repérage de microtoponymes susceptibles de révéler des sites) et de photo-interprétation (consultation des clichés aériens de l’IGN pour repérer des sites), études en laboratoire (étude macroscopique du matériel archéologique et utilisation des méthodes archéométriques (analyses chimiques, métallographie)).
Nos observations sur le terrain ont permis de démontrer que la sidérurgie antérieure à l’utilisation du haut-fourneau a livré de nombreux vestiges dans le Poitou : une quarantaine de sites d’extraction du minerai de fer et 909 ferriers sont recensés sur ce territoire et sur ses marges immédiates. Environ 250 d’entre eux sont inédits ; ils ont été découverts au cours des prospections menées au cours de cette thèse durant lesquelles ont été vérifiés de très nombreux indices toponymiques et de photo-interprétation. De plus rares sites ont été identifiés grâce aux enquêtes orales effectuées sur le terrain. Les ressources en minerai de fer disponibles dans le Poitou ont été identifiées ; seule l’exploitation du minerai en minières et en tranchées a été reconnue sur le territoire étudié, ce qui ne démontre pas pour autant l’absence des autres techniques d’exploitation. Les ferriers sont très majoritairement de petites dimensions, ce qui semble être un indice d’une activité sidérurgique plutôt modeste, attestée entre La Tène finale et le Moyen Age central. Une vingtaine de zones sidérurgiques, inégalement réparties dans l’espace, a pu être mise en évidence. Les prospections aériennes de Christian Richard avaient démontré que le sud de la Vienne était un secteur très dense en ferriers. Au terme de notre travail, cette région apparaît toujours comme la plus riche, mais d’autres secteurs très localisés des Deux-Sèvres le sont aussi, tandis qu’en Vendée, les ferriers semblent beaucoup plus rares. À l’exception de rares sites où des fragments de scories piégées semblent présents, les ferriers ont majoritairement livré des scories issues de fours à scories coulées. Si la phase de réduction du fer a livré de nombreux sites, il n’est pas possible d’en dire autant de la post-réduction ; seules 28 forges connues ou supposées sont inventoriées sur l’ensemble du territoire. Des analyses chimiques ont été réalisées afin d’aborder la question de la filiation minerai-scories.
Trois sites ont été étudiés de manière plus approfondie ; ils ont été choisis de façon à représenter l’ensemble de la période étudiée et différentes étapes de la chaîne opératoire. Le site de La Basse-Flotte à Saint-Cyr (Vienne), avec son unique fourneau de réduction directe à scories piégées laténien, constitue le premier. Notre étude a permis de démontrer que le four a connu un minimum de trois utilisations et que le rendement de la dernière utilisation avait varié. Ce four appartient donc aux très rares fourneaux à scories piégées et à utilisation multiple mis en évidence en Gaule. L’atelier de réduction médiéval de La Chagnasse à Viennay (Deux-Sèvres) est le second site étudié. L’étude des structures et les observations métallographiques menées sur les déchets collectés en fouille ont permis de souligner que la majorité des étapes de la chaîne opératoire de la métallurgie du fer étaient réalisées dans l’atelier (traitement thermique du minerai de fer, réduction du fer, épuration des masses de fer brutes issues des fourneaux de réduction). Des calculs d’évaluation de la production ont été proposés et laissent apparaître la modestie de celle-ci. Enfin, la fouille de La Petite-Ouche 2 à Rom (Deux-Sèvres), où une activité de forgeage a été reconnue, correspond au troisième site choisi. Là encore, malgré la forte érosion du site, des zones de travail métallurgique ont pu être identifiées et les analyses métallographiques ont permis de souligner que seule la forge d’élaboration était réalisée sur le site.
Dans la synthèse, notre travail a permis de définir la chronologie de l’activité sidérurgique dans le Poitou et d’identifier certaines techniques de production. Ensuite, nous avons pu replacer la métallurgie poitevine dans son contexte aux périodes romaine (à l’échelle de la Gaule) et médiévale (à l’échelle de la France). Nous avons ainsi réinterrogé l’ensemble des données disponibles, ce qui a permis de définir des zones d’intenses productions, des zones de moyenne production et des zones de petite production. Les zones de production du Poitou appartiennent aux deux dernières catégories. Après avoir abordé ces aspects techniques et économiques, nous avons traité les questions sociales, à travers l’organisation de la production et le contrôle des outils de production, en s’interrogeant notamment sur la question du rapport entre les seigneurs médiévaux et la production du fer. Notre travail a donc permis des avancées sur les problématiques techniques, économiques et sociales posées au démarrage de la thèse.

 

Missions, responsabilités de site

  • 2010 – 2014 : Responsable d’opération de la fouille de l’atelier sidérurgique médiéval de « La Chagnasse » à Viennay (Deux-Sèvres) (une prospection géophysique, trois campagnes de fouilles)
  •  2008 – 2011 : Responsable d’opération de prospections pédestres thématiques portant sur la métallurgie du fer dans le Poitou (trois campagnes dans les Deux-Sèvres et la Vienne, deux campagnes en Vendée)

 

Contact

guillaume.saint.didier@univ-poitiers.fr

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