Pratiques et normes religieuses : regards sur la fabrique identitaire des anciens Grecs

Dans le champ des études religieuses de la Grèce antique, Y. Lafond et D. Ackermann travaillent à l’élaboration d’un projet pluridisciplinaire centré sur l’étude de processus d’auto-définition des Grecs, en étudiant, dans la longue durée (VIIIe s. av. J.-C. – IIIe s. apr. J.-C.), la part prise par les pratiques cultuelles et les mentalités religieuses dans la construction des identités.

La question des pratiques et des normes religieuses sera placée à la croisée de quatre grands domaines de réflexion propices à une approche pluridisciplinaire des diverses composantes qui entrent en jeu dans les processus de construction des identités dans le monde grec antique.

 

expressions religieuses identité

 

Dans une perspective visant à donner toute sa place à une approche relevant à la fois de l’histoire et de l’archéologie, une attention particulière sera accordée à l’organisation de l’espace, aux formes spatiales de l’identité religieuse (axe 1). C’est largement grâce aux apports de l’archéologie que les lieux de culte ont bénéficié d’une attention renouvelée, ouvrant en particulier la voie à une étude des paysages religieux que l’on peut aborder à la fois dans leur matérialité visible et, métaphoriquement, comme le spectre d’identités religieuses multiples et négociées.

La vie religieuse des sociétés grecques est organisée par des formes de groupement et de communauté de natures très variées agissant en réseau et en interaction avec la cité sans être totalement dépendantes : l’analyse devra prendre en compte ces formes sociales et politiques de l’identité, en traitant, à différentes échelles (cités, dèmes, phratries, associations, maisonnées…), de la place de l’identité religieuse dans l’identité sociale et politique des individus (axe 2).

L’étude des normes et des comportements, des usages et des traditions (axe 3) constituera un autre champ d’enquête ouvert, dans le même esprit pluridisciplinaire, à des approches innovantes visant à éclairer le fonctionnement des sociétés anciennes : dans les pratiques sociales, l’identité religieuse se manifeste dans des comportements (vestimentaires, commensaux…) et par le moyen des actes cultuels, mais s’affirme aussi à travers le respect de normes qui servent de références dans des stratégies mises en œuvre par les individus ou les collectivités pour affirmer sur un mode religieux un aspect de leur identité.

Il faudra scruter enfin le rôle de la mémoire comme composante temporelle de l’identité (axe 4), en prenant en compte, dans les « discours » où s’exprime une identité religieuse, les références au passé et, tout particulièrement, le rôle joué par les références mythiques dans la représentation qu’élaborent d’elles-mêmes les cités, afin de chercher à saisir les logiques qui sous-tendent, dans la construction de la mémoire civique collective, la cristallisation de traditions mythiques propres à fonder une conscience identitaire.

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