Expressions épigraphiques de la vie collégiale, religieuse et institutionnelle des cités

Un autre volet de ces recherches concerne l’épigraphie civique des mondes classiques, aussi bien dans la sphère culturelle grecque (hellénistique et romaine) que dans l’Occident latin (péninsule Ibérique, Gaule, Italie, Afrique du Nord). L’épigraphie en tant que pratique culturelle transcrit, dans son langage et avec ses codes, l’expérience vécue par les différents acteurs des cités. De ce point de vue, les inscriptions permettent de saisir des bribes du comportement des individus et ainsi d’approcher leurs stratégies de reproduction ou de différenciation. Il s’agit dès lors d’utiliser les inscriptions comme sources d’une histoire attentive aux mouvements de recomposition et de hiérarchisation des sociétés civiques au fil du temps. Témoins privilégiés de ces mouvements, les associations et collèges permettent de donner une visibilité sociale à des individus qui n’étaient pas forcément amenés à occuper le devant de la scène dans la vie civique mais qui, en retrait ou « à côté », participaient à la définition du jeu social dans les cités.

 

Dans le sillage des recherches menées sur le Péloponnèse d’époque impériale, on poursuivra les investigations touchant à la question de l’identité religieuse des cités, en élargissant l’enquête au monde grec égéen. L’un des axes de la recherche portera sur un champ chronologique limité au règne de Trajan, à la charnière des Ier-IIe siècles de notre ère. Dans ce contexte, la documentation épigraphique permet de reconstituer un faisceau de témoignages dont il vaut la peine de se demander s’ils répondent à un souci de faire valoir, dans le domaine des pratiques religieuses, des spécificités locales ou régionales que les cités intègreraient comme composantes d’une identité exprimée par les discours officiels. Il faudra s’interroger alors sur la signification à donner, du point de vue des communautés civiques, à la place privilégiée que semble occuper un tel mode religieux de l’expression de soi à l’époque de Trajan.

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