Projet Samarie – nord Palestine

La mission archéologique franco-palestinienne de Samarie-Nord Palestine a été créée en 2013. Elle est soutenue par le Ministère français des Affaires étrangères (MAE) et par le Ministère palestinien des Antiquités et du Tourisme.

L’attractivité de son champs d’étude (la ville et la région de Samarie) lui permet déjà de fédérer une équipe franco-palestinienne forte d’une vingtaine de chercheurs et d’étudiants, spécialisés dans différentes périodes (de la préhistoire à la période médiévale) et dans différents domaines (architecture funéraire, anthropologie, botanique, numismatique, céramologie, topographie, épigraphie).

Les recherches de terrain qu’elle a initiées en 2013 (fouilles dans les nécropoles de Samarie-Sébaste, réalisation d’un plan général du site archéologique) ont été poursuivies en 2014 et complétées par de nouveaux projets (prospections, inventaire des remplois dans le village de Sébastiyeh, fouille néolithique) et par l’ouverture d’une maison de fouilles, ayant vocation à devenir centre d’études.

 

Plan général site

 

La mission franco-palestinienne de Samarie a pour vocation l’étude générale de la Samarie (c’est-à-dire le nord de la Palestine) et, en particulier, de la ville de Samarie-Sébaste qui en fut la capitale pendant plus d’un millénaire. Un programme de recherche quadriennal a été validé par la commission de l’archéologie du MAE, avec pour objectif principal l’étude de la nécropole de Samarie-Sébaste, qui est l’une des plus intéressantes de Palestine en raison de l’architecture élaborée de ses tombeaux mais aussi du nombre et de la variété de ses sarcophages. Cette nécropole, peu documentée jusqu’à présent, subit en outre des pillages incessants et des destructions liées à un urbanisme galopant.

En 2013, un premier chantier, établi sur le flanc sud-est de la colline de Samarie, a permis de localiser et d’étudier partiellement trois tombeaux  souterrains (hypogées) et cinq sarcophages de l’époque romaine (IIIe siècle apr. J.-C.).

D’autres constructions ont également été exhumées, dont une salle taillée dans la roche avec deux tuyaux et leurs robinets en bronze parfaitement conservés. Cette découverte et celle de nombreux éléments d’hypocaustes laissent penser que des thermes romains pourraient se trouver à proximité.

Par ailleurs, nos reconnaissances et un nouveau relevé topographique du site ont permis de préciser l’emplacement du rempart romain, de la route antique et de la porte orientale de la ville.

En 2014, les recherches ont débuté au printemps par des prospections entre Samarie et Tell el-Farah, à l’est, pour identifier plus particulièrement des sites préhistoriques et de l’Age du Fer. A cette occasion, une vaste nécropole, reconnue dès la fin du XIXe siècle, mais jamais étudiée jusqu’à présent, a été visitée. Située sur le flanc d’une colline, au nord et en face de Samarie, cette nécropole est sans aucun doute l’une des plus anciennes et des plus importantes de la ville antique. La campagne de juin avait donc pour principal objectif de commencer son étude.

 

antichambre hypogée H2

 

Priorité a été donnée à la fouille de tombeaux menacés et déjà touchés par un programme de lotissement. Durant la campagne, deux hypogées de l’Age du Fer II (IXe-VIIIe s. av. J-C.) ont été  entièrement  dégagés. Malgré les pillages récents et systématiques, de nombreuses céramiques, ossements, bijoux (perles en pierre semi-précieuses, bracelets en fer et bronze, etc.) ont été trouvés, certains in situ.

Un troisième hypogée, datant de l’époque romaine tardive (IV-Ve s. apr. J.-C.) a également été fouillé. Chose rare, il était  précédé d’une mosaïque dont le dégagement doit être poursuivi. Il présentait aussi un dispositif d’entrée avec une porte à battant en pierre et son encadrement qui pourrait être déplacé et son remonter au cœur du village de Sébastiyeh, devant le centre d’interprétation inauguré récemment par le ministère palestinien du Tourisme.

A l’invitation du Service des antiquités de Palestine, une prochaine campagne, prévue en 2015, devrait procéder à des fouilles préventives avant la construction d’une maison dans la nécropole. Les abords du terrain concerné ont déjà livré des vestiges de la fin de l’Age du Bronze / début Age du Fer, période cruciale puisque première phase d’occupation de la ville.

Outre la poursuite des recherches en cours, l’année 2015 devrait permettre la réalisation d’un sondage dans le plus grand édifice de la cité antique, au nord du village actuel. Il s’agit de vérifier si ce que les archéologues considèrent jusqu’ici comme un stade en raison de ses dimensions (près de 200x70m) pourrait être, en réalité, un péribole à portique entourant le grand temple de Koré, la divinité principale de la ville à la période gréco-romaine.

Jean-Sylvain Caillou (Institut français du Proche-Orient) et Hani Nour Eddine (Université Al-Quds).

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