Les archives d’un archéologue du XIXe s. au service des archéologues du XXIe s. : la numérisation du fonds du père Camille de la Croix

Membres HeRMA impliqués : Nadine Dieudonné-Glad (dir.), Frédéric Gerber

 

Camille de la Croix, prêtre jésuite et archéologue installé à Poitiers à partir de 1864 a effectué un grand nombre de découvertes à Poitiers (Vienne), comme dans d’autres sites majeurs du centre-ouest de la France : Sanxay (Vienne), Saint-Cybardeaux et Chassenon (Charente) ou Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique). Les informations qu’il a recueillies ont alimenté des carnets de fouille, des plans et des photos qui ont une valeur scientifique d’autant plus importante que certains vestiges décrits ne sont plus visibles dans le paysage actuel. La valeur documentaire de ces archives, en grande partie inédites, est donc exceptionnelle. Camille de la Croix a, par ailleurs, entretenu une correspondance suivie avec de nombreux archéologues de son époque, qui témoignent de la construction des concepts archéologiques et du foisonnement des idées à l’aube du XXe siècle. A sa mort en 1911, il a légué l’ensemble de ses archives à la Société des Antiquaires de l’Ouest, qui a confié le fonds aux Archives Départementales de la Vienne. Les documents sont hétéroclites, en nature comme en dimensions : il s’agit de plans de petite ou de grande taille, de dessins, de photographies, de carnets, mais aussi de notes manuscrites éparses sur des papiers de tous formats. Le fonds se compose de 3 561 lettres classées par auteur, de 1 299 lettres insérées dans la documentation des sites archéologiques, de 5 agendas, de 530 croquis et dessins dans des carnets, de 21 720 photos, plans, notes manuscrites, correspondant à environ 30 000 images après numérisation.

Consulter le fonds.

Le projet possède plusieurs facettes :

  1. La numérisation accompagnée de l’indexation simplifiée du contenu des documents, leur mise en ligne et la construction d’une interface d’interrogation de la base. Cette opération relève, pour son suivi conceptuel et technique, de la MSHS, de I-Média et du Service Commun de Documentation de l’université de Poitiers, en association avec des archéologues. Le fonds numérisé sera, à terme, intégré à la BIVUP, Bibliothèque virtuelle de l’université de Poitiers. Le stockage pérenne des images est assuré à la fois par les archives départementales de la Vienne où les documents sont présentés dans leur classement « historique » et à l’université de Poitiers. Le logiciel d’indexation et d’interrogation utilisé, OMEKA est un logiciel libre compatible avec les ontologies existantes. Il s’appuie sur des métadonnées aux normes du Dublin Core et des vocabulaires contrôlés, en particulier par les listes d’autorité « personnes » et « lieux » de la BnF.

 

  1. L’exploitation scientifique des données archéologiques est effectuée de manière collaborative, en particulier par HeRMA pour les données se rapportant à l’antiquité, par le CESCM pour les données de la période médiévale, et par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), lié à HeRMA par convention. L’intégration des informations anciennes aux données des opérations archéologiques récentes, dans le cadre d’un Système d’Information Géographique, est effectuée sous la supervision du Service Régional de l’Archéologie Nouvelle Aquitaine et contribue à l’alimentation de la Carte Archéologique de la France.

 

  1. La transcription collaborative d’une partie de la correspondance et des notes manuscrites. Une collaboration avec le site « Transcrire » du consortium des ethnologues de la TGIR Huma-Num permet d’avoir accès à certains documents du fonds (transcrire.huma-num.fr), celle concernant, en particulier, les personnalités, nationales ou locales, avec lesquelles le père de la Croix entretenait une correspondance.

 

 

Cette documentation, libre de droits, est mise à disposition de la communauté des archéologues et des historiens ce qui laisse entrevoir de nombreuses retombées scientifiques futures :

– La publication de monographies, sur Poitiers antique et médiéval et sur les sites antiques et médiévaux de la Vienne ainsi que des articles thématiques.

– La production de cartes archéologiques numériques sous forme de Systèmes d’Informations Géographiques, mises à disposition des collectivités territoriales et du ministère de la Culture pour la gestion du risque archéologique, dans le cadre des aménagements urbains et ruraux.

– l’indexation des contenus sera poursuivie dans le cadre d’un espace scientifique collaboratif en ligne, et la base de données, conçue pour être interconnectée, sera utilisable dans le cadre du web sémantique.

– Ce patrimoine numérique sera valorisé durant l’été 2019 et l’hiver 2019-2020 par l’utilisation des documents dans le cadre d’expositions destinées au grand public, virtuelles et réelles, dans des musées et des sites étudiés par Camille de la Croix, avec la présentation de fac simile de documents du fonds d’archives et d’objets archéologiques en relation avec ces documents.

– Le prolongement scientifique du projet pourra consister en études monographiques d’autres sites et en études historiographiques sur cet archéologue et ses relations avec la société de son temps.

 

Ce projet a obtenu le soutien financier de la Région Nouvelle Aquitaine, du Ministère de la Culture par l’intermédiaire de la DRAC Nouvelle Aquitaine, du Centre des Monuments Nationaux et de l’Université de Poitiers (MSHS, équipe HeRMA, CESCM). Il est intégré au consortium MASA (Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques) de la TGIR HumaNum et collabore avec le Consortium des Ethnologues pour la transcription en ligne (transcrire.huma-num.fr).

 

Il mobilise d’ores et déjà de nombreux partenariats scientifiques et techniques :

– La Société des Antiquaires de l’Ouest, propriétaire du fonds

– Les Archives Départementales de la Vienne, dépositaire du fonds

– Le Service Régional de l’Archéologie Nouvelle Aquitaine

– la MSHS de l’université de Poitiers qui dispose d’une plateforme de numérisation permettant de traiter les documents de tous formats jusqu’au format A0 et des savoir-faire associés

– le service I-Média de l’université de Poitiers qui assure la mise en ligne et la conservation des documents numérisés

– deux équipes de recherche de l’université de Poitiers (HeRMA, CESCM)

– l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP)

– le Centre des Monuments Nationaux (site de Sanxay)

– la Ville de Poitiers

– les Musées de la ville de Chauvigny (86)

Recherche

Menu principal

Haut de page