Coordination : N. Dieudonné-Glad

Membres Herma : M.-C. Arqué (doctorante), P. Ballet, I. Bertrand, J. Bidault (doctorante), N. Dieudonné-Glad, M. Durquéty (doctorant), M. Evina (doctorante), D. Kassab-Tezgör, S. Lemaître, V . Le Quellec, G. Marouard (post-doctorant), L. Mazou (doctorant), V. Michel, P. Maguer, G. Rassat (master), É. Rotté (doctorante), Fl. Sarreste (post-doctorant), G. Saint-Didier (doctorant), D. Simon-Hiernard, A. Simony (doctorante), G. Tendron (doctorante), J.-L. Tilhard.

Partenariats : MMSH – Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence ; Centre d’Études Alexandrines (CEAlex USR 3134) ; DAIK (Deutsches Archäologisches Institut, Le Caire) ; Géolab, université de Limoges ; INRAP Grand-Sud-Ouest (D. Guitton, C. Sireix) ; Institut Ausonius, Bordeaux 3 ; Institut autrichien d’Archéologie classique de Vienne ; Ifao (Institut français d’archéologie orientale) ; Institut G. Vitelli (Florence) ; Mission archéologique française de Libye ; Mission archéologique française de Xanthos-Létôon ; SFDAS (Section française des Antiquités du Soudan) ; Musée du Louvre (département des Antiquités Égyptiennes et section du Soudan) ; UMR 5138 (Archéométrie et archéologie, MOM) A. Schmitt, C. Batigne-Vallet et Y. Waksman ; Université de Bilkent (Ankara, Turquie) ; Université d’Antalya (Turquie).

Dans une perspective territoriale associant la fonction politique à celle de la production, plusieurs dossiers, intégrant des recherches doctorales, permettent de couvrir une vaste zone et comparer différents cas de figures, de l’époque hellénistique à la période de transition byzantino-islamique.

Cette approche sera centrée sur trois types de productions : les céramiques, le fer et les matières osseuses dures.

Les céramiques : productions et échanges

Dans le cadre de la demande d’ANR franco-allemande LANDYBOU (2011-2013), pilotée par P. Ballet (HeRMA) et U. Hartung (Deutsches Archäologisches Institut) les recherches sur les relations interrégionales du site deltaïque de Bouto, de l’époque hellénistique au début de la période islamique, seront menées en collaboration avec des spécialistes de la géographie historique (participation de St. Guédon, Université de Limoges). Une doctorante allocataire, Aude Simony, intégrera les productions du site de Bouto à ses recherches consacrées à l’industrie céramique du delta nord-ouest, d’Alexandrie au sud du Delta.

Aux époques hellénistique et romaine, les relations interrégionales se lisent à la lumière de la culture matérielle et des échanges, relations rendues possibles par le réseau de communications qui fera l’objet d’une étude particulière. Le programme de travail sera mené en synergie avec celui qui traite de la période comprise entre le VIIIe et le VIe siècle av. J.-C.

La culture matérielle de Bouto est marquée, de manière explicite, par la spécificité des produits de son industrie céramique, un unicum à l’échelle de l’Égypte, qui s’est successivement inspirée des productions des meilleures officines du monde grec et du monde romain. Il faut sans doute envisager l’hypothèse d’un relais alexandrin dans la diffusion des formes et des techniques qui, dans le cas des fours à tubulures de Bouto, témoignent de transferts technologiques depuis l’Occident romain. Il conviendra donc de développer les recherches qui permettront de valider ces deux pistes, la première articulée autour des productions grecques, ce qui nécessitera une immersion dans le corpus des céramiques principalement attiques, et la seconde à partir des productions de l’Orient et de l’Occident romains, également à revisiter de manière systématique.

Il conviendra d’étendre la connexion entre Bouto et les grands foyers culturels du monde gréco-romain dans d’autres domaines, sans doute moins bien représentés sur le plan quantitatif, mais qui concernent l’architecture domestique, la structure du complexe thermal et les artefacts, tels que la petite plastique de terre cuite et la faïence.

Le second champ concerne la question des échanges. D’une part, il s’agit de cerner la distribution, en dehors du périmètre de Bouto, des productions locales, en particulier les vases à parfum d’époque impériale ; dans l’état actuel de la recherche, leur diffusion est méconnue en dehors du site producteur. Une recherche approfondie sur leurs lieux potentiels de réception doit être entreprise par des repérages de surface dans les villes du Delta (Thmouis/Mendès, Tanis) et par des recherches bibliographiques. En effet, l’industrie du parfum est largement concentrée dans l’Égypte septentrionale aux époques hellénistique et romaine pour le moins.

En Thébaïde, les recherches engagées sous forme de prospections sur le territoire urbain d’Antinoopolis, puissante métropole fondée par Hadrien au cœur du terroir égyptien (collaboration d’HeRMA à la mission italienne G. Vitelli, Florence), seront poursuivies par le biais de sondages à l’emplacement présumé de fours de potiers, et permettront de valider les observations effectuées à partir de l’analyse de surface. Antinoopolis est l’une des métropoles les plus dynamiques dans le domaine économique et commercial durant l’Antiquité tardive. Sa puissance de production a dépassé les frontières de la Thébaïde et de l’Égypte. À cette recherche, sera associée Julie Marchand, doctorante, qui consacre sa thèse à l’étude de la transition byzantino-islamique, ce qui permettra d’étudier les phénomènes de continuité ou de rupture à partir de la Moyenne Égypte.

Touchant à la fois aux questions de production et d’acculturation, plusieurs dossiers engagés à l’échelle du PRES, et portés par des recherches doctorales sont destinées à dresser un réseau de comparaisons pour l’Afrique nord-orientale, incluant les pays du Nil et la Cyrénaïque.

Les recherches céramologiques engagées en Libye, notamment en Cyrénaïque, en particulier dans le cadre d’une thèse de doctorat (L. Mazou) sous la direction de P. Ballet et M. Bonifay s’inscrivent pleinement dans cette thématique de l’axe 3. Les différentes problématiques abordées font partie intégrante des perspectives récemment développées par l’équipe de recherche sur les céramiques de l’Antiquité tardive. Il s’agit en premier lieu de définir et d’identifier les productions locales des sites d’Apollonia et d’Erythron et de préciser leurs jalons chronologiques. L’étude du matériel céramique inédit des deux sites, déjà amorcée lors de la campagne de fouilles de 2009, puis en 2010 et 2011, a révélé une proportion importante de productions locales qu’il faut analyser de manière systématique pour compléter et affiner la typologie de la céramique de la côte libyque. L’intérêt de la recherche sur la céramique de ces deux sites est aussi de mettre en évidence, au sein d’une production locale voire régionale, les évolutions typologiques de la période hellénistique à la période romaine et jusqu’aux premiers temps de la conquête arabe, tout en essayant de comprendre, à travers ces produits manufacturés, l’évolution de leur mode de consommation et de diffusion.

Nous tenterons de mettre en exergue d’éventuelles influences morphologiques et techniques qu’ont exercées les produits des aires culturelles limitrophes sur le matériel céramique de Cyrénaïque, telles que l’Afrique Proconsulaire englobant la Tripolitaine et l’ensemble de la Tunisie, ainsi que l’Égypte et l’aire soudano-libyque. Sur ces sites, les importations paraissent occuper une place importante dans la consommation. Ainsi, il conviendra d’orienter la recherche vers une éventuelle évolution des modes de consommation et des importations dès la période subclassique, jusqu’au début de la période romaine à Apollonia, plus précisément en ce qui concerne les productions provenant des grands centres exportateurs de la Mer Egée. Quant à la céramique d’Erythron, quelques jalons sont apparus lors de la campagne de 2009, et ont été confirmées en 2010. Il s’avère nécessaire d’explorer la piste des importations crétoises lors des prochaines campagnes mais aussi égyptiennes et chypriotes, notamment en ce qui concerne les céramiques de l’époque protobyzantine. La recherche portant sur les conteneurs s’orientera essentiellement vers l’Égypte ainsi que la Tunisie et la Tripolitaine pour cette même période.

Dans la continuité du précédent quadriennal, le projet sur la Lycie (coordin. S. Lemaître) se développera, au sein du programme franco-allemand Xanthiaca, Poleis, sanctuaires et territoires dans la vallée du Xanthe à l’époque gréco-romaine (Bordeaux 3 / Munich) accepté par l’ANR en 2010. L’un des sous-axes envisagé et centré sur les études poteries antiques s’intitule Les faciès céramiques dans la basse vallée du Xanthe : entre productions et consommation. Les connaissances portant sur les productions céramiques de la Lycie antique ont beaucoup progressé ces dernières années grâce, entre autres, à l’appui accordé par le programme Euploia (Ausonius, Bordeaux 3) 2007-2009 financé par l’ANR. Dans un premier temps, l’étude des poteries produites localement est passée par la caractérisation physico-chimique des pâtes des céramiques de cuisine établie à partir du mobilier provenant de sites où les récipients en terre cuite avaient été utilisés : Xanthos, Létôon de Xanthos, Limyra. La seule cité lycienne à avoir livré des fours de potiers, indices tangibles de production des céramiques, est Patara. Les poteries issues de cet atelier n’ont pas fait pour le moment l’objet d’analyse ni minéralogique, ni chimique. Le projet présenté en collaboration avec des chercheurs turcs permettrait de combler cette lacune et d’apporter des connaissances déterminantes à propos de l’artisanat potier dans la partie occidentale de la Lycie. Les problématiques liées aux céramiques communes fabriquées en Lycie, entre le début de la période hellénistique et l’époque romaine tardive, reposent sur les travaux de deux doctorats en cours, celui de M.-C. Arqué et celui de C. Rocheron (doctorante Ausonius, Bordeaux 3) et, plus généralement, sur les études menées à Patara par G. Için et T. Korkut (Université d’Antalya). Les travaux concernant la vaisselle de table seront menés par T. Blanco (doctorant Ausonius, Bordeaux 3) pour les périodes plus tardives. Les analyses chimiques en fluorescence X réalisées au Laboratoire de Céramologie, UMR 5138 de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée à Lyon se feront sous la direction de Y. Waksman (CNRS, UMR 5138, Lyon 2). Enfin l’approche minéralogique sera prise en main par N. Cantin (CNRS, UMR 5060, Bordeaux).

En Gaule romaine, le Programme Collectif de Recherches Faciès céramiques en territoire picton IIe s. av. J.-C. / VIe s. ap. J.-C. dirigé par S. Lemaître et D. Guitton (INRAP GSO) est reconduit avec avis très favorable de la part de la CIRA pour trois années jusqu’en 2012. Le premier volet de ce programme est consacré à l’étude détaillée et la caractérisation chimique et pétrographique des productions des ateliers de potiers dans la cité antique des Pictons déjà amorcées lors du quadriennal précédent (analyses chimiques A. Schmitt, CNRS, UMR 5138, Lyon). Il est particulièrement traité dans le cadre d’une thèse de doctorat conduite par M. Durquety. Un des objectifs du programme triannuel consiste en l’accueil du Congrès de la SFECAG, Société Française d’Etude de la Céramique Antique en Gaule à Poitiers en mai 2012. La moitié des communications du Congrès consiste en une journée « régionale » permettant de proposer des synthèses à propos des travaux menés sur les céramiques dans la région d’accueil de la manifestation. Celle-ci rassemble la communauté scientifique européenne travaillant sur les mobiliers céramiques, soit environ 200 personnes en moyenne et aboutit à la publication des actes la même année. La fin du PCR s’appuiera financièrement sur un projet FEDER européen dans le cadre d’un complément d’équipement du microscope métallographique du laboratoire afin d’analyser les céramiques antiques en pétrographie.

La production métallurgique

Plusieurs programmes d’envergure sur la production métallurgique, initiés pendant le précédent programme quadriennal par N. Dieudonné-Glad connaitront un développement important. Ils portent en Gaule de l’Ouest sur des territoires historiquement cohérents : la civitas des Pictons et celle des Santons (mémoire de master G. Rassat). L’inventaire des zones d’activité métallurgiques chez ces deux peuples, déjà bien avancée pour les Pictons, sera approfondie chez les Santons et, surtout, la caractérisation des ateliers par la fouille de leurs installations, à peine esquissée, mais dont les premiers résultats sont particulièrement originaux (thèse de G. Saint-Didier) sera poursuivie. Chez les Santons, l’accent sera mis sur la zone d’activité métallurgique localisée dans et autour de la forêt de Braconne, frontière de la Civitas avec celle des Lémovices, en collaboration avec le laboratoire Géolab de l’université de Limoges. L’objectif sera une analyse historique et écologique de l’intégration de cette activité dans le territoire considéré.

Bien que géographiquement un peu éloignée, la civitas des Diablintes sur laquelle portent les travaux de F. Sarreste sera un élément de comparaison intéressant. Le programme en développement dans cette civitas, porte sur l’existence de véritables districts métallurgiques, la relation exploitation métallurgique-habitats et la question du statut des exploitations métallurgiques, avec la fouille d’habitats proches de certains ateliers et contemporains de ceux-ci. Il servira de projet pilote pour cette problématique.

L’aspect technique de la production métallurgique sera abordé en parallèle à ces travaux de terrain par la poursuite de la caractérisation des matières premières, comme des déchets et des produits finis, à la fois par des analyses physico-chimiques réalisées en prestation de services et par des observations micrographiques effectuées directement dans le laboratoire d’archéologie, grâce à la présence d’un équipement acheté récemment grâce à des financements ANR.

Par ailleurs, la reprise du dossier sur la production du fer en Nubie antique sera entreprise dans le cadre d’une collaboration avec le musée du Louvre. Cette production a été tour à tour considérée comme très abondante, puis comme assez faible, selon les auteurs. Les progrès méthodologiques réalisés dans la dernière décennie et la multiplication des données recueillies dans la partie nord-occidentale de l’empire romain autorisent à rouvrir ce dossier. La fouille d’un atelier de production est prévue en 2012. Les questionnements porteront à la fois sur les techniques employées, les matières premières utilisées, mais aussi et surtout sur l’évaluation de la production, ce qui impliquera la recherche de données chronologiques les plus précises possibles.

Matières osseuses dures

En Gaule romaine, I. Bertrand propose une approche de l’implantation et des relations entre les artisans en milieu urbain (agglomération secondaire, capitales de cités, villae) qui a déjà été traitée à partir de quelques ensembles mobiliers. Elle se fonde notamment sur les données relatives au travail des alliages cuivreux et des matières dures animales. Elle sera particulièrement développée dans le cadre de la participation au PCR Faciès céramique en territoire picton, dirigé par S. Lemaître et David Guitton, lequel est l’occasion de confronter la nature, la chronologie et l’évolution de la vaisselle avec les mobiliers relevant d’autres catégories fonctionnelles.

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